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Stack & technique · 10 min de lecture

Logiciel de garage automobile sur mesure : prix, preuve et périmètre

Ce que la facture d'un garage doit porter, pourquoi la preuve pèse désormais sur le réparateur, et quand un logiciel sur mesure remplace un DMS du marché.

James DumaineFondateur · TikupMedia
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Sommaire· 9 sections
  1. 01À retenir
  2. 02Que doit porter la facture d un garage, et qu est-ce que cela impose au logiciel ?
  3. 03Quand un logiciel de garage automobile sur mesure vaut-il mieux qu un DMS du marché ?
  4. 04Que met-on dans le premier lot d un garage ?
  5. 05Questions fréquentes
  6. 06Glossaire
  7. 07Sources
  8. 08À lire aussi sur le blog
  9. 09Aller plus loin avec nous

TL;DR : réponse rapide

Un logiciel de garage automobile sur mesure part de 4 900 € et se justifie quand votre atelier doit prouver ce qu’il a fait. Le devis n’est pas obligatoire, la facture l’est au-delà de 25 €, avec le kilométrage et la nature de chaque pièce. Et depuis 2024, c’est au garagiste de prouver qu’il n’a pas commis de faute.

Pour qui cet article

Vous dirigez un garage, un centre auto ou une petite concession, entre trois et vingt compagnons. Vous payez un DMS par poste, vos compagnons notent encore sur papier, et vous devez décider si un outil à vous se justifie.

À retenir

  • Le devis n’est pas obligatoire, et l’ordre de réparation non plus. La page officielle dit que le réparateur automobile n’est pas obligé d’établir un devis, et que l’ordre de réparation est conseillé, pas imposé. Ce que la loi exige vraiment, c’est la facture.
  • La facture est due au-delà de 25 €, en deux exemplaires, l’original pour le client. Elle doit porter la date, votre identité et votre numéro Siren, le nom et l’adresse du client, le kilométrage, le décompte détaillé de chaque prestation, la dénomination des pièces et les totaux hors taxes et toutes taxes comprises.
  • Chaque pièce doit être qualifiée : neuve, occasion ou échange standard. Un logiciel qui ne distingue pas les trois produit des factures non conformes, en série, sans que personne ne le voie.
  • Vous devez proposer des pièces d’occasion, sauf trois cas : réparation gratuite ou sous garantie contractuelle, pièces indisponibles pendant le délai d’immobilisation, ou risque important pour l’environnement, la santé publique ou la sécurité routière. Cette proposition doit laisser une trace.
  • Depuis 2024, la preuve a changé de camp. Le garagiste est présumé responsable d’une faute si des dysfonctionnements persistent ou apparaissent ensuite, et c’est à lui de prouver l’absence de faute ou de lien de causalité. Votre historique d’atelier est votre défense.

Un garage de huit compagnons produit chaque jour des dizaines de preuves qu’il ne conserve pas. Le kilométrage relevé à l’accueil, la photo du frein avant démontage, la référence de la pièce montée, le refus du client sur une seconde intervention. Tout cela existe, puis disparaît dans un classeur ou un téléphone.

Ce n’était pas grave tant que la charge de la preuve pesait sur le client. Elle a changé de camp. Un réparateur est désormais présumé en faute quand un dysfonctionnement persiste ou apparaît après son passage, et c’est à lui de démontrer qu’il n’y est pour rien. Un atelier qui ne garde pas de trace ne peut pas se défendre, quel que soit son sérieux.

Cet article tranche trois points : ce que la facture doit porter et ce que cela impose au logiciel, à quel moment un logiciel de garage automobile sur mesure devient plus rationnel qu’un DMS du marché, et ce que contient un premier lot qui sert dès la mise en ligne.

Que doit porter la facture d’un garage, et qu’est-ce que cela impose au logiciel ?

La facture est due dès que la somme dépasse 25 €, ou si le client la demande. Elle s’établit en deux exemplaires, l’original revenant au client, et se conserve dix ans. Ce ne sont pas des détails administratifs : chaque mention obligatoire est un champ que votre logiciel doit savoir remplir, et deux d’entre elles manquent dans la plupart des outils génériques.

ObligationCe que dit la règleCe que cela impose au logiciel
FactureDue au-delà de 25 €, ou sur demande du client, en 2 exemplairesUn document généré, pas une ligne de caisse
KilométrageMention obligatoire sur la factureUn relevé saisi à l’accueil, rattaché au véhicule et daté
Nature des piècesDénomination en neuve, occasion ou échange standardTrois natures distinctes au catalogue, jamais un champ libre
Pièces d’occasionObligation de les proposer, sauf gratuité ou garantie, indisponibilité, ou risque environnement, santé, sécuritéUne trace de la proposition et de la réponse du client
TotauxTotal hors taxes et total toutes taxes comprisesDeux totaux calculés, pas un seul arrondi
ConservationFactures émises et reçues gardées 10 ansUn archivage, pas une base qu’on purge chaque année
Affichage des prixPrix TTC affichés à l’entrée de l’atelier et à l’accueilUne grille de tarifs qui fait foi, et qui alimente la facture
Source : Service-public Entreprendre, fiche du réparateur automobile. Les deux mentions le plus souvent manquantes sont le kilométrage et la nature de la pièce.

Le devis, lui, n’est pas obligatoire, et l’ordre de réparation est seulement conseillé. Beaucoup d’éditeurs vendent pourtant l’ordre de réparation comme une contrainte légale. Ce n’en est pas une : c’est un outil de preuve, et c’est précisément pour cela qu’il faut le soigner, pas parce qu’un texte l’impose.

Une dernière contrainte ne se code pas mais conditionne le reste : la qualification. Exercer sans les qualifications requises est illégal et puni de 7 500 € d’amende, et l’usurpation de titre d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende. Les diplômes reconnus sont le CAP, le BP ou un titre de niveau égal ou supérieur enregistré au RNCP, à défaut trois années effectives dans le métier attestées par la chambre de métiers et de l’artisanat.

Sanctions encourues par un reparateur automobile non qualifie : 7 500 euros d'amende pour exercice sans les qualifications requises, 15 000 euros et un an d'emprisonnement pour usurpation de titre.

Quand un logiciel de garage automobile sur mesure vaut-il mieux qu’un DMS du marché ?

Quand la preuve et la marge dépendent de données que le DMS ne sait pas tenir. Un DMS généraliste gère très bien le rendez-vous, le stock et la facture. Il tient beaucoup moins bien ce qui est propre à votre atelier : vos forfaits maison, votre taux horaire par type d’intervention, votre relation avec les flottes et les assureurs, et l’historique photographique de chaque véhicule.

Le second déclencheur est le prix par poste. Un abonnement facturé par utilisateur pousse à réduire le nombre de comptes, donc à faire ressaisir par une seule personne ce que huit compagnons ont constaté. C’est là que la preuve se perd, et le calcul de bascule se fait sur ce poste de ressaisie, pas sur le montant de l’abonnement.

Signal dans votre atelierCe que fait un DMS du marchéCe que change le sur mesure
Vos compagnons notent sur papier puis quelqu’un ressaisitDes licences par poste, donc on limite les comptesUne saisie à l’atelier, sur tablette, sans compte facturé
Vous travaillez pour des flottes avec des grilles différentesUne grille unique, les écarts se rattrapent à la mainUne grille par client, appliquée à l’ordre de réparation
Vous voulez pouvoir prouver un état avant interventionPhotos dans un téléphone, hors du dossierPhotos rattachées au véhicule et horodatées
Vous vendez des forfaits maison qui n’existent nulle partArticles détournés, marge fausseLe forfait est un objet, avec son temps et ses pièces
Vous êtes deux compagnons et le DMS suffitRien à changerTrop tôt, le calcul ne rentabilise rien
Trois lignes cochées ou plus : le sur mesure se calcule. Une seule : gardez votre DMS.

Chez nous, un outil interne de ce type part à partir de 4 900 €, chiffrage et maquette fournis avant tout engagement. La grille complète par périmètre est dans combien coûte un logiciel métier sur mesure, et le calcul abonnement contre possession dans remplacer ses abonnements SaaS par un outil sur mesure.

Que met-on dans le premier lot d’un garage ?

Le premier lot porte le dossier du véhicule, parce que c’est lui qui produit la preuve et la facture. Le rendez-vous en ligne, le stock et les tableaux de bord viennent après : ils sont visibles, mais ils ne vous défendent pas devant un juge et ne corrigent aucune facture non conforme.

  • Le véhicule comme objet central : immatriculation, client, historique de passages, kilométrages relevés et datés.
  • L’ordre de réparation avec l’estimation présentée au client, les photos avant intervention, et la trace de la proposition de pièces d’occasion.
  • La ligne de prestation avec son temps, son taux horaire et ses pièces, chacune qualifiée en neuve, occasion ou échange standard.
  • La facture générée depuis l’ordre de réparation, avec kilométrage et doubles totaux, jamais ressaisie.
  • L’archivage des factures sur dix ans, séparé de la base de travail.

Ce que l’on ne met pas dans le premier lot : la prise de rendez-vous en ligne, la gestion fine du stock et l’interface avec les plateformes d’assureurs. Pour écrire ce périmètre sans se tromper, le modèle à remplir est dans cahier des charges de logiciel métier. Si votre sujet est d’abord la double saisie entre atelier et comptabilité, voyez supprimer les ressaisies manuelles. Côté vitrine, le repositionnement d’une concession premium montre l’autre moitié du sujet.

Les données que vous manipulez sont nominatives : client, véhicule, historique d’interventions. La liste à passer avant la mise en ligne est dans sécurité et RGPD d’une application métier.

Questions fréquentes

Combien coûte un logiciel de garage automobile sur mesure ?

Un outil interne de ce type part à partir de 4 900 € pour un premier lot qui porte un parcours complet, par exemple le dossier véhicule de l’accueil jusqu’à la facture conforme. Le chiffrage et la maquette sont fournis avant engagement. Le budget total dépend surtout du nombre de grilles tarifaires et des interfaces avec vos fournisseurs de pièces.

Le devis est-il obligatoire pour un garage ?

Non. La fiche officielle du réparateur automobile indique que le réparateur n’est pas obligé d’établir un devis. L’ordre de réparation est conseillé avant toute intervention, présenté au client avec une estimation du coût, mais il n’est pas imposé non plus. Ce qui est obligatoire, c’est la facture au-delà de 25 €.

Quelles mentions sont obligatoires sur la facture d’un garage ?

La date, votre identité et votre numéro Siren, l’adresse, le nom et l’adresse du client, le kilométrage, le décompte détaillé de chaque prestation, la dénomination des pièces en neuves, d’occasion ou en échange standard, et les totaux hors taxes et toutes taxes comprises. La facture est établie en deux exemplaires et se conserve dix ans.

Suis-je obligé de proposer des pièces d’occasion ?

Oui, avec trois exceptions. L’obligation ne s’applique pas si l’entretien ou la réparation est gratuit ou couvert par une garantie contractuelle, si les pièces ne sont pas disponibles pendant le délai d’immobilisation du véhicule, ou si elles présentent un risque important pour l’environnement, la santé publique ou la sécurité routière.

Qui doit prouver la faute en cas de panne après une réparation ?

Le garagiste. Il est présumé responsable d’une faute si des dysfonctionnements persistent ou apparaissent ensuite, et c’est à lui de prouver l’absence de faute ou de lien de causalité. L’incertitude sur l’origine de la panne ne suffit pas à écarter cette présomption. C’est l’argument le plus fort en faveur d’un historique complet et horodaté.

Peut-on garder son DMS et ajouter du sur mesure autour ?

Oui, et c’est souvent le montage le moins risqué. Le DMS garde le stock et la comptabilité, l’outil sur mesure porte le dossier véhicule, les photos, les forfaits maison et la facturation des flottes. Le point de vigilance est la frontière : une prestation doit avoir un seul endroit où elle est vraie.

Glossaire

  • DMS : dealer management system, logiciel de gestion d’un garage ou d’une concession, du rendez-vous à la facture.
  • Ordre de réparation : document rédigé avant intervention, qui décrit les travaux à effectuer et leur estimation, présenté au client.
  • Échange standard : pièce remise en état par un professionnel et vendue en remplacement d’une pièce usagée reprise.
  • Pièce issue de l’économie circulaire : pièce de rechange d’occasion, que le réparateur a l’obligation de proposer au client sauf exceptions.
  • Obligation de résultat : engagement de rendre le véhicule réparé et en bon état de fonctionnement, et non seulement d’y avoir mis les moyens.

Sources

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